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Chasse à l’homme – Sophie Létourneau

J’ai découvert cette auteure sur recommandation d’une libraire lors de la journée du 12 août dernier où je souhaitais me procurer un livre québécois. Le résumé qu’elle m’en a fait a tout de suite piqué ma curiosité. Une jeune femme rencontre une cartomancienne qui lui prédit que, grâce à un livre, elle rencontrera l’homme de sa vie. Mais, avant une telle rencontre, elle devra déménager à Paris, tomber amoureuse d’un Français et parcourir l’Asie. Je m’attendais donc à une aventure romancée parsemée de péripéties cocasses…quelle ne fût pas ma déception d’ouvrir le livre sur une écriture par fragments et des paragraphes qui, pour moi, étaient décousus.

L’écriture fragmentaire

Je ne m’étais jamais arrêtée à cette forme de littérature. En fait, je crois que je n’ai jamais lu de livres qui se définissaient de la sorte : une forme littéraire en prose d’une extrême brièveté. Chasse à l’homme se distingue ainsi par des pages bien aérées, des paragraphes séparés par de longs espaces, des citations insérées un peu partout et des réflexions personnelles de l’auteure entrecoupées de passages du récit. Cette lecture m’a complètement déroutée comme si je n’arrivais pas à suivre le fil conducteur du récit. Voici un exemple frappant aux pages 110 et 111. C’est un extrait assez long, mais vous comprendrez bien ce que je souhaite expliquer ci-dessous :

« Après cette nuit avec le petit Japonais, un croissant de lune est apparu sur mon visage. Puis la lune s’est remplie jusqu’à former un beau, un vrai grain de beauté. Une mouche sur ma joue. Comme il est d’usage en astronomie, j’ai donné mon nom à cette lune. J’espérais que ma force d’attraction triompherait de tout ce qui nous séparait : la langue, les continents, le sept de carreau et le test du restaurant. J’ai toujours cette lune sur ma joue. Encore aujourd’hui, il s’agit de la plus belle parmi toutes les choses étranges qui me sont arrivées.

C’était l’été de la vague de suicides chez France Télécom. Des employés se pendaient à leur domicile, sautaient sur les rails de chemin de fer, ingéraient des barbituriques, s’immolaient sur le terrain de la compagnie, se donnaient des coups de poignard en pleine réunion, se jetaient par la fenêtre du bureau.

Mon chef n’est bien sûr pas prévenu.

– Une employée qui s’est défenestrée

Pour Tania, ce sont les chatons, Moi, mon cœur saigne pour les ingénieurs surmenés.

Un soir, le petit Français… »

Peut-être n’étais-je pas préparée à cette lecture hors de l’ordinaire ? Personnellement, cette forme d’écriture m’a rebutée et je suis certaine que de nombreux lecteurs pourraient être bien surpris en ouvrant les premières pages de ce livre. L’écriture par fragments, un succès ? Pour être bien honnête, je crois qu’on aime ou on n’aime pas. Et je ne peux dire que j’ai aimé ce genre littéraire, mais je suis contente d’avoir pu élargir mes connaissances sur le sujet.

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