Léa – Histoire originale – Chapitre 3

Après quelques mois d’attente, voici enfin la suite de mon histoire Léa!

Pour vous rafraîchir la mémoire, vous trouverez le chapitre 1 ici et le chapitre 2 ici.

Voici donc le chapitre 3! Bonne lecture!

Chapitre 3

Le sergent Lavoie sursauta à la vue de la fillette aux cheveux noirs de jais portant une jolie robe à pois rouge.

— Est où Maman? demanda la petite en se dirigeant vers sa chambre.

Régis Lavoie comprit rapidement qu’il s’agissait de Léa, la fille d’Éloïse Pouliot. L’enfant entra dans la pièce et prit place aux côtés du cadavre de son père. La pauvre, elle devait être traumatisée! Au moins, les spéculations de Dominic s’avéraient fausses. Il ne s’agissait pas d’un drame familial comme leur dernier cas. La petite était encore vivante.

— Léa, c’est ça? Léa, écoute, tu veux bien venir avec moi à la cuisine?

— Est où Maman? répéta-t-elle.

L’enfant demeurait assis, le regard vide. Elle était immobile, une main posée sur le front de son paternel décédé. Régis appela son collègue qui constata la scène avec surprise. Pas de sang, pas de trace de violence ou d’une personne qui s’est débattue, rien. Régis était perplexe.

— Mais, c’est quoi ce bordel? lança Dominic.

— Appelle l’équipe des homicides, je me charge de l’enfant.

Dominic acquiesça. Le sergent Lavoie s’approcha de Léa et se pencha avec douceur.

— Dis Léa, tu veux voir ta maman? Je suis policier et je vais t’amener voir ta maman.

— Maman?

— Oui, je sais où elle est. Tu viens?

— Maman venir ici.

Léa parlait d’un ton robotique comme si elle était complètement déconnectée de ses sentiments. Sa voix était froide, trop froide pour un enfant de cet âge. Soudain, Léa posa son regard de glace sur Régis. Celui-ci, d’un calme naturel, senti son cœur se serrer. Cette fillette avait quelque chose d’étrange, il n’aurait toutefois pas su le décrire. Il tenta de reprendre ses esprits. Voyons Régis! Ce n’était qu’une enfant de 3 ans. Elle n’avait tout de même pas pu assassiner son propre père comme le prétendait Éloïse Pouliot! Mais, bon, une simple question pourrait peut-être l’éclairer?

— Léa, tu as fait du mal à ton papa?

L’enfant saisit alors le poignet du sergent. Elle pointa le cadavre et s’exclama :

— Papa mort! Oupi!

Oupi? Youpi? Léa semblait contente du décès de son père. Régis pensa alors qu’il s’agissait peut-être d’un cas d’homme violent, de batteur d’enfant ou d’abuseur d’enfant. Tout était possible.

— On va voir ta maman, Léa?

— Papa mort! Maman mort! Oupi! ajouta-t-elle en se levant.

Régis ouvrit ses bras pour prendre Léa et la petite s’y dirigea sans aucune crainte. Il la souleva et se dirigea à l’extérieur de la pièce. Son collègue venait tout juste de terminer son appel.

— Ils seront là dans quelques minutes, confirma Dominic.

— Parfait, je vais aller au poste. Je vais devoir interroger la mère plus en profondeur. Je confierai la petite au service spécialisé en attendant.

— Entendu.

Régis Lavoie quitta la demeure des Pouliot avec un passager des plus bizarres. Elle n’était pas comme les autres enfants, à bouger, à observer ce qui se trouve autour d’elle, à faire des sons ou même à jouer. Non, Léa restait immobile, les yeux dans le néant. Elle souriait légèrement. Le sergent tentait de la rassurer, de lui dire qu’elle serait entre bonnes mains, le temps qu’il pose quelques questions à sa mère.

— Papa mort! Maman mort! Oupi!

C’était tout ce qui sortait de sa bouche pendant tout le trajet. Régis était bien embêté. Il avait hâte de cuisiner Éloïse Pouliot! Que savait-elle exactement? Elle ne pouvait être impliquée dans le meurtre puisqu’elle s’était présentée au poste dès la découverte du corps. À moins qu’elle ne fût prise d’une quelconque folie passagère? Une maladie mentale non déclarée? Régis gara la voiture dans le stationnement du poste.

— Thé pas bon, papa mort, fit Léa qui semblait fière de son coup.

Le sergent Lavoie dévisagea la fillette dans son rétroviseur. L’autopsie révélerait la cause de la mort, mais il se nota de mentionner à son collègue de vérifier le contenu de ce fameux thé. Il sortit du véhicule et à son arrivée à la réception, il demanda à ce qu’Éloïse Pouliot soit placé dans une salle d’interrogatoire. Il déposa la fillette et réclama qu’un appel soit fait au personnel en charge de ce genre de situation. Après quelques minutes, Léa fût amenée par une femme en tailleur noir.

Régis se rendit alors à la salle d’interrogatoire où se trouvait Éloïse Pouliot. Dès son entrée dans la pièce, la femme le harcela de questions.

— Charles est vivant? Ce n’était qu’un cauchemar? J’ai rêvé, n’est-ce pas? Dites-moi que Charles est vivant?

Régis prit place devant la dame et se racla la gorge.

— Madame Pouliot. Nous avons confirmé le décès de votre mari, Charles, à votre résidence. Léa a été placée sous la garde de nos professionnels. Pouvez-vous m’expliquer ce qui s’est passé?

Éloïse Pouliot craqua. La femme fut prise d’une crise de panique. Haletante, elle cherchait son souffle et n’arrivait pas à se calmer.

— Respirez Madame Pouliot! Respirez! fit Régis.

Il ne voulait pas perdre de temps avec une intervention médicale. La femme se calma légèrement. Sa respiration revint à un rythme normal, mais ses larmes coulaient sans cesse.

— Madame Pouliot. Je sais que c’est difficile, mais j’ai besoin d’avoir plus de détails sur ce qui s’est passé aujourd’hui. Pouvez-vous m’aider?

La voix tremblotante, Éloïse Pouliot prononça simplement le nom de sa fille.

— Léa est en sécurité, ne vous inquiétez pas. S’il-vous-plaît, parlez-moi de l’événement d’aujourd’hui. Qu’avez-vous fait aujourd’hui? Vous m’aviez dit tout à l’heure lors de votre déposition que votre fille voulait prendre le thé?

Au moment où la femme semblait reprendre ses esprits, un cognement se fit entendre. Régis s’empressa d’ouvrir la porte.

— Sergent, on a un problème avec l’enfant que vous venez de déposer.

Régis s’avança dans le couloir et ferma la porte derrière lui. La mère de Léa n’avait surtout pas besoin d’entendre la suite.

— Que se passe-t-il?

— Elle a attaqué l’intervenante.

— Quoi? Comment ça, attaqué? Elle a 3 ans!

— Elle lui a foutu un crayon dans l’œil.

Et si, cette Léa était réellement un danger finalement? Régis Lavoie se raisonna. Non, non, il devait avoir une explication rationnelle à tout ça!

À suivre

 

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