Kukum – Michel Jean

Je souhaite tout d’abord remercier Michel Jean pour le partage de cette histoire touchante mettant en scène son arrière-grand-mère (Kukum en langue innue), madame Almanda Siméon. Kukum raconte non seulement la vie de cette femme, mais aussi indirectement celle de tous les peuples nomades qui ont été confronté et obligé de changer leur mode de vie sur ordre des autorités. Ce livre nous permet de mieux comprendre la réalité des innus et d’en savoir davantage sur leur histoire. Selon moi, l’histoire de tous les peuples autochtones devrait tenir une plus grande place à l’école. J’imagine bien Kukum comme lecture obligatoire au secondaire ou au Cégep…découvrez pourquoi dans la section ci-dessous : Mon avis.

Résumé – 4e de couverture

Ce roman retrace le parcours d’Almanda Siméon, une orpheline qui va partager sa vie avec les Innus de Pekuakami. Amoureuse d’un jeune Innu, elle réussira à se faire accepter. Elle apprendra l’existence nomade et la langue, et brisera les barrières imposées aux femmes autochtones. Almanda et sa famille seront confrontées à la perte de leurs terres et subiront l’enfermement des réserves et la violence des pensionnats. Racontée sur un ton intimiste, l’histoire de cette femme, qui se déroule sur un siècle, exprime l’attachement aux valeurs ancestrales des Innus et au besoin de liberté qu’éprouvent les peuples nomades, encore aujourd’hui.

Mon avis

Je dois souligner l’immense talent d’écriture de Michel Jean, tout simplement Wow ! À chaque soir où je lisais avant de dormir, j’avais de la difficulté à reposer le livre. Au départ, je me disais toujours : « Seulement quelques pages cette fois-ci, il est tard. », mais je finissais par lire 2 à 3 chapitres à tous les coups. Lorsqu’un auteur réussit à me faire vibrer de la sorte, je sais que je suis tombé sur un excellent écrivain.

J’ai adoré les photos insérées un peu partout dans le livre qui présente Almanda Siméon et son entourage. Je ne sais pas si je vous l’ai mentionné, mais Kukum est une histoire vraie. C’est pourquoi je trouvais cela vraiment intéressant de pouvoir mettre un visage sur les personnes décrites au fil de ma lecture.

Voici le passage qui m’a le plus marqué :

« Un matin, quatre hydravions sont apparus à l’horizon. Ils ont fait un tour au-dessus de Pointe-Bleue, balançant leurs ailes dans le ciel. Puis ils ont piqué et ont amerri sur Pekuakami, juste en face de chez nous. Les pilotes ont dirigé vers la rive leurs appareils qui dansaient sur l’eau en grondant. Au même moment, des policiers de la Gendarmerie Royale du Canada arrivaient en camions par le chemin de Roberval. Des fonctionnaires fédéraux les précédaient dans une grosse berline noire comme un corbeau, qu’ils ont garée face aux avions.

Un officier est descendu de l’auto et il a ordonné à tout le monde de se rassembler.

« Je suis le sergent Leroux. Nous sommes ici pour emmener les enfants au pensionnat. Le Canada va leur fournir une éducation respectable. […] Préparez vos affaires, les avions partent dans une heure. »

Je trouve que cet extrait bien court soit-il, démontre l’ampleur de l’horreur qui les attendaient et j’en ai eu des frissons…

Kukum restera pour moi un livre marquant et essentiel à ma bibliothèque. Un de mes coups de cœur 2020 ! Merci Michel Jean !

2 Commentaires
  • Carole
    Publié le 17:28h, 26 mars Répondre

    Bonjour,

    Monsieur Jean est un gagnant. Peut importe les grands hommages qui attendent ce livre, celui-ci gagne pour avaoir fait connaître sa famille, sa culture, son peuple. Il a su prendre sa place simplement, sans faire ”simpe”, sans lever les armes: avec une sensibilité extraordinaire. Il soutire en nous la compassion et la passion envers son peuple, les Premières nations, nos Frères et nos Soeurs. Cet écrivain dévoile son histoire avec véracité et un immense Amour en vers le resect la VIE et de l’IDENTITÉ. On a impression de connaître sans savoir, de voir sans regarder, d’être plus grand en étant petit. Seul,un véritable artiste acquière cette douce habileté qu’ est de dessiner sa toile de Vie avec de profondes valeurs sociales, morales et intimes. Kukum, un bijou de Famille a transmettre de génération en génération. À SUIVRE

    • Catherine_admin
      Publié le 11:45h, 28 mars Répondre

      Je suis bien d’accord!

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