L’invention de l’anniversaire – Jean-Claude Schmitt

« Pour les enfants surtout, ce jour n’a rien de festif : il est plutôt l’occasion de remercier pieusement Dieu d’avoir épargné jusque-là l’enfant. »

En lisant cette phrase de l’essai de Jean-Claude Schmitt, j’ai compris que la religion avait joué un grand rôle au courant des époques sur cette tradition qui est, de nos jours, devenu un automatisme. Je ne m’étais jamais interrogée sur ce phénomère et je trouve que ce petit livre d’une centaine de pages donne un bel aperçu général de l’histoire de l’évolution de l’anniversaire. Vous n’aurez pas toutes les réponses, mais vous obtiendrez un très bon début de réflexion sur le sujet.

Résumé – 4e de couverture

« Chaque année, nous ne manquons pour rien au monde de fêter notre anniversaire ou celui de nos proches, faisant de ce jour l’un de nos grands moments de sociabilité. Et pourtant, ce rituel n’a pas toujours été une évidence. De Pythagore à Marco Polo en passant par Saint Louis, le richissime banquier Mathäus Schwarz ou Goethe, il a connu une lente évolution et de nombreux bouleversements. Ainsi, au Moyen-Âge, on se préoccupait surtout du jour de la mort des individus, l’anniversarium, car c’est le trépas qui signait l’entrée dans la « vraie vie », celle de l’au-delà.

Il faudra attendre les débuts de la Renaissance pour voir resurgir la célébration du jour de la naissance, sous l’influence croisée de l’humanisme, du protestantisme… et de l’astrologie. Des cercles aristocratiques jusqu’aux milieux populaires, Jean-Claude Schmitt nous invite à découvrir l’histoire surprenante de l’invention de l’anniversaire et de sa dissémination progressive, de l’Antiquité jusqu’à nos jours. »

Qui est Jean-Claude Schmitt ?

« Jean-Claude Schmitt est le directeur d’études de l’EHESS et président du conseil scientifique du Campus Condorcet.

Il est archiviste paléographe (prom. 1971), agrégé d’histoire-géographie (1971), docteur en histoire (1973). Il est devenu maître de conférences à l’Ehess en 1976 et directeur d’études en 1983. Il y a dirigé de 1992 à 2014 le Groupe d’anthropologie historique de l’occident médiéval (Ehess – Cnrs), et a pris sa retraite en 2014. »

Ses livres ont été traduits dans une quinzaine de langues, notamment :

  • Le saint lévrier. Guinefort, guérisseur d’enfants depuis le xiiie siècle (Flammarion, 1979, 2e éd.  2004)
  • La raison des gestes dans l’Occident médiéval (Gallimard, 1990)
  • Les revenants. Les vivants et les morts dans la société médiévale (Gallimard, 1994)
  • Le corps, les rites, les rêves, le temps. Essais d’anthropologie médiévale (Gallimard, 2001)
  • Le corps des images. Essais sur la culture visuelle du Moyen Âge (Gallimard, 2002)
  • La conversion d’Hermann le Juif. Autobiographie, histoire et fiction (Le Seuil, 2003, nlle. éd. 2007)
  • L’Invention de l’anniversaire (Arkhé, 2009 ; nlle. éd. augmentée en Poche, 2017)
  • La représentation de l’espace et l’espace des images au Moyen Âge (Genève, HEAD, 2011)
  • Les rythmes au Moyen Âge, Paris, Bibliothèque illustrée des histoires (2016)
  • Rêver de soi. Les songes autobiographiques au Moyen Âge, en coll. Avec Gisèle Besson (Toulouse, Anacharsis, 2016)

Mon avis

L’invention de l’anniversaire est un ouvrage instructif et très intéressant. L’auteur nous montre les traces du début de ce rituel à travers des documents tel que le livre des costumes de Matthäus Schwarz, un richissime banquier d’Allemagne. Ce livre est une autobiographie de M. Schwarz qui contient 137 images le représentant dans ses habits selon son âge. Sous chaque image, on y retrouve la date exacte et l’âge de Matthäus, le plus souvent indiqué de cette façon : mois, semaines et jours. Exemple : 27 ans, 19 semaines et 1 jour.

Les changements de la mode montre l’intérêt de M. Schwarz envers le temps qui s’écoule et le désir de garder une trace de cette évolution. C’est aussi dans ce document qu’on voit parfois la mention de son « anniversaire ». Pour vous donner une idée de l’époque, nous sommes alors dans les années 1500-1550.

Jean-Claude Schmitt s’attarde beaucoup au livre des costumes avec de nombreuses explications. Nous pouvons même observer quelques portraits tirés de cet ouvrage. C’est assez particulier de voir les différents costumes de Matthäus et fascinant de pouvoir regarder des images provenant d’un livre des années 1500 !

J’ai aussi aimé en apprendre davantage sur l’influence du christiannisme sur la tradition de l’anniversaire. Cette religion s’opposait au rituel de l’anniversaire parce que fêter la naissance d’une personne équivalait à fêter le péché originel (si je résume en peu de mots). Au Moyen-Âge, la mort était plutôt vue comme la vraie naissance et c’est ce qui était célébrée.

Après avoir lu ce livre, je ne pourrais pas répondre à la question : « Qui a inventé l’anniversaire ? ». Jean-Claude Schmitt ne conclut pas son essai sur une personne en particulier. Il parle plutôt d’un changement continu durant les époques et d’un phénomène très ancien. Du moins, c’est ce que j’ai saisi de son essai. Je vous conseille cette lecture, c’est assez court et vraiment bien pour les amateurs d’histoire. Et vous, est-ce que vous fêtez votre anniversaire tous les ans ? Merci pour vos commentaires !

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