La langue affranchie – se raccommoder avec l’évolution linguistique – Anne-Marie Beaudoin-Bégin

Anne-Marie Beaudoin Bégin, linguiste spécialisée en sociolinguistique historique du français québécois, m’a enseigné, entre autres, l’histoire de la langue française lorsque j’étais à l’Université Laval à Québec. C’est de cette façon que j’ai eu connaissance de la publication de ses ouvrages. J’avais son 2e essai depuis longtemps dans ma bibliothèque (2017!) et je ne l’avais pas encore lu (Désolé!). Mais, avec la sortie de son 3e livre le 3 septembre dernier (La langue racontée – s’approprier l’histoire du français), j’ai eu envie de me replonger dans ce sujet.

Anne-Marie Beaudoin-Bégin est présente sur Facebook en tant que L’insolente linguiste : https://www.facebook.com/linguisteinsolente/

Je vous invite à visiter sa page. Vous y trouverez : De la linguistique sans censure, du français québécois désacralisé, dépittoresqué, décomplexé, décorsetté, affirmé, assumé, assuré.

Résumé – 4e de couverture

Tout le monde s’entend pour dire que la langue française a changé au fil du temps. Pourtant, on semble avoir plus de mal à accepter qu’elle se transformera encore, et pas seulement en gagnant de nouveaux mots. Elle changera dans sa structure et dans son fonctionnement, comme elle l’a déjà fait à maintes reprises. Les évolutions linguistiques ne sont pas des dégradations, des appauvrissements ou du nivellement par le bas. La langue moderne n’est pas l’état optimal que plus rien ne peut ni ne doit atteindre. Le prétendre peut être dangereux, car les locuteurs, par qui la langue existe, peuvent se lasser d’une langue anachronique, et se tourner vers une autre langue qu’ils perçoivent comme plus adaptée à leurs besoins. Pour maintenir la langue française au Québec, au lieu de vouloir la conserver sous une cloche de verre, ne faudrait-il pas plutôt l’affranchir, et se raccommoder avec l’évolution linguistique ?

Mon avis

Anne-Marie Beaudoin-Bégin a un don pour vulgariser tout ce qui touche l’univers linguistique ce qui rend la lecture et les concepts expliqués faciles à comprendre. Ce que j’aime chez Anne-Marie Beaudoin-Bégin, c’est qu’elle nous amène à réfléchir sur notre propre usage de la langue et sur nos jugements de valeurs envers le français québécois. Ces jugements qui sont bien ancrés chez la plupart des québécois dont, entre autres, que notre français n’est pas LE bon. Qu’il y a un bon français et que ce n’est pas le nôtre. Je me suis débarrassé (en fait, j’ai essayé, c’est encore à travailler) de ces jugements et de mon insécurité linguistique après plusieurs heures de cours avec Anne-Marie Beaudoin-Bégin. Depuis un si jeune âge que je me fais inculquer que je ne prononce pas bien ou que je n’emploie pas les bons mots qu’il est difficile, à mon avis, de se débarrasser complètement de sa propre insécurité linguistique. Croyez-moi j’aimerais bien que ce soit le cas !

L’ouvrage parle aussi beaucoup de l’influence de l’anglais sur notre langue. On entend souvent dire qu’il y a un danger de perdre le français ou que les québécois se feront assimiler. Mais, comme indique Anne-Marie Beaudoin-Bégin : « Une langue est en danger lorsque ses locuteurs arrêtent de la parler. » Par exemple, les Québécois parlent en empruntant beaucoup de termes à la langue anglaise et cela ne fera pas que le français disparaîtra. L’auteure décortique nos croyances et nous fait comprendre la réalité linguistique.

J’ai bien aimé la partie où l’auteure questionne les multiples règles de français. Devrions-nous en enlever ? Qui les maîtrisent réellement ? Ce qui amène un autre questionnement : le français est-il plus difficile que l’anglais ? Oui, j’ai adoré lire cette réflexion et je me suis rendue compte que les règles grammaticales françaises ne sont pas plus faciles que celle anglaises. Le non-respect des règles grammaticales anglaises est seulement plus acceptée dans la société de langue anglaise. Petit exemple récent, j’écoutais la nouvelle toune (tant qu’à y être, c’est bien rare que je vais dire chanson ! ) de Blink 182 dont voici un extrait : She don’t have the time of day.

She don’t ? Moi qui pensait que la 3e personne du singulier, c’était toujours doesn’t ! J’y vois un exemple d’économie linguistique, je ne sais pas ce qu’en penserait Anne-Marie Beaudoin-Bégin ? Que pensez-vous de ce genre d’essai ? Est-ce que c’est un sujet qui vous intéresse ? Merci pour vos commentaires !

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